prendre ma place

Je n’arrive pas à prendre ma place

Prendre ma place

Je n’arrive pas à prendre ma place!

Avez-vous remarqué comme il est difficile de prendre sa place quand on est hypersensible ? Même si aujourd’hui, le terme d’hypersensibilité est devenu à la mode, à un point qu’il en est même moqué ou banalisé, ceux qui se reconnaissent en lui doivent continuellement réaliser des ajustements entre ce qu’ils ressentent dans leur tête et dans leur corps, et les injonctions et les codes exigés par notre vie sociale.

1. D’où ça vient?

Souvent, très tôt dans notre enfance, on s’est bien rendu compte qu’on ne fonctionnait pas tout à fait comme tout le monde. Cela a souvent été source de mal-être, de stress, d’incompréhension et de tentatives désespérées pour décortiquer les codes des autres.

Il est aussi possible que dans votre cercle familial, ou à l’école ou avec vos amis, on n’ait pas compris votre singularité, votre sensibilité qui prenait toute la place. Elles pouvaient donner l’impression que vous étiez à part, et il est probable que l’on vous ait sermonnés ou même juste incités à gommer ces émotions qui se manifestaient trop souvent ou trop fort à leurs yeux.

L’Humain étant un être social, il a besoin des autres, et en faisant partie d’une communauté, il cherche à se faire une place et à se sentir intégré.

Aux temps préhistoriques, un humain ne pouvait pas vivre seul. Celui qui ne faisait pas partie d’une tribu était exposé à tous les dangers, et s’il était banni des siens, son espérance de vie était considérablement raccourcie. On ne vit plus aujourd’hui dans des cavernes, mais notre corps et notre esprit ont gardé ce mécanisme en mémoire.

2. Comment ça se manifeste?

Du coup, on se conforme souvent aux idées des autres, ou on les laisse nous les imposer, même si on ne les partage pas toujours, juste pour se faire accepter.

On peut même avoir adopté une autre personnalité, ou un faux-self vis-à-vis des autres, juste pour se faire accepter. Cela n’est pas forcément une mauvaise chose en soi, tout le monde le fait plus ou moins, on ne se comporte pas de la même façon avec son entourage proche qu’avec son patron par exemple. Mais au-delà des obligations ou contraintes liées à certaines situations, cela devient un problème si on s’éloigne trop de soi-même.

Notre mental et bien souvent notre corps, perçoivent ce manque d’alignement et des symptômes aussi bien psychiques que physiques peuvent apparaître: Ruminations, colère, douleurs dans la sphère digestive et intestinale, maux de dos…

3. Une vie qui n’est pas la nôtre:

Au-delà de ces symptômes désagréables, cela peut même nous conduire à passer toute notre vie à côté de qui on est vraiment. Ce phénomène s’accompagne souvent d’ailleurs d’un manque de confiance en soi qui s’est construit au fil des années, car on a l’impression que si on était vraiment nous-mêmes, les gens ne nous accepteraient pas, ou pire, nous rejetteraient.

Or, au contraire, cela crée parfois un certain malaise, et produit même l’effet inverse. Car en n’étant pas réellement authentique, on se montre moins à l’aise, et les autres peuvent percevoir une certaine discordance qui, de fait, les pousse à nous mettre à distance. C’est le serpent qui se mord la queue. Je suis persuadé que je n’ai pas de valeur propre, donc je joue un rôle en société qui crée une barrière avec l’autre qui finit par s’éloigner.

4. Quelle est la solution alors ?

Alors, rester soi-même et tout envoyer balader ou museler sa personnalité? Comme souvent en psychologie et dans la vie en général, tout est question de nuances. Il ne s’agit pas de se rebeller d’un coup, et d’affirmer haut et fort que désormais, ce sera uniquement selon nos règles!

Mais vous êtes la personne la plus importante de votre vie et votre bien être passe avant tout, d’autant plus si vous voulez que vos relations avec les autres soient le plus fluides possible.

Il me semble essentiel de garder en tête que nous avons tous notre place dans ce monde, que nous sommes tous différents, avec des personnalités et les attentes aussi distinctes que variées, et qu’elles sont toutes valables. La société a créé des normes pour faciliter notre communication, mais ce n’est pas parce que nous devons nous accorder sur certaines choses pour mieux fonctionner tous ensemble, que nous devons tous être calés sur le même moule et nous comporter comme des clones. Quel ennui sinon!

Vous allez me dire que c’est plus facile à dire qu’à faire! Ce en quoi je vous répondrais, c’est vrai. Mais il faut y aller par étapes. Et en premier lieu, il faut s’interroger soi-même pour savoir ce que l’on veut vraiment.

Les questions à se poser:

Donc il y a tout un tas de questions que l’on peut commencer à se poser:

. Comment est-ce que je me définis? Qu’est-ce qui selon moi me définit?

. Ma profession, mon statut de parent ou de célibataire, mon identité sexuelle, mes centres d’intérêt… ?

. Qu’est-ce que j’aime dans la vie, qu’est-ce qui me fait vibrer?

. Quelles sont mes valeurs, les principes qui guident ma vie?

. Qu’est-ce qui me rend singulier, que je suis moi et pas mon voisin?

. Qu’est-ce que je veux vraiment dans la vie?

. Comment je voudrais être perçu ou quelle image j’aimerais renvoyer?

. Il y a un exercice que j’aime bien proposer aux patients, et qui paraît plus simpliste qu’il ne l’est en réalité, c’est de dresser la liste de leurs qualités. Et je ne demande pas d’en donner deux ou trois, mais de partir au moins sur une dizaine. C’est souvent difficile au départ, mais on peut aussi proposer aux autres de nous aider en leur demandant ce qui pour eux, sont nos qualités. C’est un exercice très utile pour se revaloriser, et on découvre souvent que l’on a plus de compétences et de valeur que ce que l’on croit.

. Demandez donc aussi à vos proches ce qu’ils aiment en vous. Ça peut d’ailleurs être une expérience très enrichissante à mener avec votre entourage. Lors d’une soirée, faites un tour de table, et dites à chacun d’entre eux: Ce que j’aime chez toi c’est… Cela a de plus l’avantage d’ouvrir la discussion et on est souvent étonné des réponses qui surgissent.

Un jeu pour trouver ses qualités tout en s’amusant

Il existe d’ailleurs un jeu fabuleux pour ça qui s’appelle Totem. A l’aide de cartes à l’effigie d’animaux, on choisit quels sont les attributs que l’on retrouve chez l’autre et que l’on apprécie particulièrement. Dans ce jeu, pas de disputes ni de reproches car on doit au contraire trouver ce qu’il y a de beau en l’autre. Émotion et étonnement garantis!

Totem 2

Nous pouvons donc finalement accepter l’idée que c’est justement toutes ces différences qui apportent un petit plus à ce monde, qui nous permettent d’y ajouter notre touche unique et personnelle, et le rendent plus riche.

On découvre que c’est pour toutes ces raisons que nos proches nous aiment, pour ces choses qu’on leur procure et dont ils manquent, ou que d’autres ne leur procurent pas.

5. Le fameux syndrome de l’imposteur

Associé à cette histoire de place qui n’est pas la nôtre, on trouve souvent aussi le syndrome de l’imposteur, qui se caractérise par le fait d’exercer une fonction pour laquelle on estime ne pas avoir les compétences.

On peut en effet être surqualifié dans certains domaines, et toujours douter, ou avoir l’impression que ce n’est pas assez, que les autres vont s’en rendre compte, qu’en fait on est nul, qu’on ne vaut rien, et qu’on ne mérite pas la place à laquelle on est.

On craint d’être démasqué, et si certains arrivent tout de même à fonctionner avec ce syndrome malgré la tempête qui s’agite en eux, cela peut en bloquer complètement d’autres, et leur faire renoncer à des carrières ou à des rêves qu’ils pourraient avoir.

Aussi, je pense qu’il faut garder à l’esprit qu’on ne peut pas être le meilleur en tout, mais qu’on a toujours une marge de progression, on peut se former, sans bien sûr avoir à mentir sur les qualifications que l’on n’a pas.

En revanche, on mérite de se dire à soi-même qu’on a de la valeur. D’ailleurs, beaucoup de gens qui ont ce syndrome de l’imposteur sont beaucoup plus qualifiés que d’autres qui ne se posent même pas la question. Ce qui est quand même un comble quand on y réfléchit!

6. Confiance en soi et place dans le monde:

On en revient donc toujours à cette histoire de confiance en soi, et de la place qu’on se donne. Peut-être certains d’entre vous se mettent en retrait lors de dîner en famille ou avec des amis parce qu’ils ont l’impression qu’ils ne se sentent pas assez calés sur le sujet pour parler de politique, de littérature, de progrès scientifique, de la taille des hortensias ou de la réalisation d’une sauce au poivre vert! Ils pensent qu’ils en savent moins que les autres et que du coup, leur avis ne mérite pas d’être mis en lumière ou en tout cas d’être abordé à table.

De plus, bien souvent, cette attitude conduit à écouter simplement les autres qui finissent par vous reprocher que ce qu’ils disent ne vous intéresse pas. Il arrive même parfois que l’on vous qualifie de personne hautaine alors que c’est tout le contraire et que vous manquez juste de confiance en vous.

Mais la vérité c’est que tout le monde fait semblant d’en savoir plus qu’il n’en sait, ou essaie de se présenter sous son meilleur jour. Toujours cette histoire d’acceptation par la tribu, vous vous souvenez?

On joue tous plus ou moins un rôle en société, pour se montrer de la façon la plus flatteuse possible. C’est d’ailleurs ce qui se passe sur les réseaux sociaux et qui occasionne beaucoup de mal à ces personnes qui pensent que justement, les autres sont plus compétents et ont une vie formidable, alors que la leur est morne et terne ou sans intérêt, et qu’ils se pensent simplement banal.

7. On se rebooste:

Vous avez des connaissances dans certains domaines, des sujets qui vous animent, alors parlez-en. Communiquez votre enthousiasme, que ce soit sur une exposition que vous venez de voir, une série à laquelle vous êtes accro, ou votre dernière découverte sur le tirage des cartes de tarot.

Au fond, le sujet importe peu. Ce qui compte, c’est de montrer aux autres, mais surtout à vous-mêmes que vous aussi pouvez parler des heures sur un thème qui vous passionne. Cet enthousiasme est non seulement communicatif, mais il vous permet de créer du lien, et de prendre votre juste place. Ni plus haut, ni plus bas que celle des autres, mais votre place à vous.

Et le secret c’est que plus vous le faites, plus ça devient naturel.

Il me semble donc important d’intégrer et de se répéter que l’on a tous notre place, que l’on est tous légitimes et que même si on est plus ou moins spécialisé dans tel ou tel domaine, la question de la place va au-delà de celle des compétences mais de la valeur que l’on s’accorde. Peut-être que certains d’entre vous n’ont pas été valorisés comme ils l’auraient dû dans leur enfance, mais vous pouvez aujourd’hui vous faire ce cadeau à vous-même.

Croyez en votre propre valeur, et si c’est trop difficile de le faire seul, ou que vos difficultés sont trop importantes, faites vous aider par un professionnel.

Donc comme un petit exercice pour ces prochains jours, je vous propose de vous répéter régulièrement ce mantra:

. Je suis à ma place

. J’ai ma place dans ce monde

. Je mérite ma place

. J’ai ma place tout autant que les autres

Enfin, dressez la liste de vos qualités et voyez à quel point vous êtes formidable!

@kathynutini

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