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Je suis invisible

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“Avez-vous déjà eu l’impression que personne ne vous voyait vraiment ?” 

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Rencontrez-vous souvent ces situations? 

  • .Vous parlez lors d’un dîner familial ou avec des amis, et subitement, quelqu’un vous coupe la parole et tout le monde passe à autre chose et a oublié ce que vous étiez en train de dire.
  • Vous êtes en réunion et un collègue s’approprie tous les mérites du travail que vous avez effectué, ou reprend une idée que vous avez lancée sans qu’elle ait été retenue.
  • Vous faites la queue à un guichet et une personne vous passe devant pour demander un renseignement sans même s’apercevoir que vous attendiez déjà.
  • Vous partagez un moment avec vos amis, mais vous vous sentez éloigné.e de ce qu’ils vivent, de leur préoccupations (parentales, immobilière ou de couple).

En bref, vous êtes là, vous vivez votre vie, mais elle semble ne pas compter. Vous êtes un figurant de film auquel personne ne prête attention.

Le sentiment d’invisibilité est une souffrance psychologique légitime et courante. Néanmoins, elle peut être douloureusement perçue si ce sentiment perdure.

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Qu’est ce que le sentiment d’invisibilité?

 C’est la perception de ne pas être vu.e, entendu.e ou reconnu.e dans sa singularité.

Il faut aussi distinguer l’invisibilité sociale (être ignoré.e) de l’invisibilité émotionnelle (ne pas se sentir compris.e)

1. L’invisibilité sociale:

Elle peut se manifester dans votre vie familiale, si l’on ne prête pas attention à ce que vous faites, ce que vous dites. Mais on peut aussi la retrouver dans son environnement professionnel ou amical. On peut se sentir négligé.e par sa hiérarchie, ses collègues, ou avoir l’impression que le travail que l’on fournit n’est pas reconnu à sa juste valeur. Ce peut être le cas si un collègue par exemple, récolte les lauriers de votre travail et se les approprie ou qu’un ami que l’on écoute patiemment s’épancher sur ses problèmes, ne nous demande jamais comment on va.

Cette invisibilité sociable peut aussi se retrouver dans le cas où l’on n’a pas la vie qui correspond aux standards de la société: Avoir un domicile, un travail, une famille, des enfants…

Qui n’a jamais détourné le regard en passant devant un sans abri? Ce genre de comportement, même s’il n’est pas mal intentionné et dénote plutôt un malaise, peut susciter chez l’autre le sentiment de ne pas exister ou de ne pas avoir sa place dans le monde.

J’ai également en tête le cas de femmes qui n’ayant pas d’enfants, se sentent exclues de leur entourage, et plus largement de la société, car elles n’y jouent pas le rôle que l’on attend beaucoup des femmes, celui d’être mères. Donc si l’on n’a pas d’enfant, quelle qu’en soit la raison, on est mise à l’écart des discussions entre mères de famille, sur l’école, l’éducation…

2. Dans l’invisibilité émotionnelle, il est plutôt question du fait de ne pas se sentir compris:

Chez les hypersensibles, ce sentiment est assez récurrent car leur mode de fonctionnement est là encore, différent de la « norme » attendue par les autres. Les émotions à fleur de peau, parfois la difficulté à se retrouver dans des environnements bruyants ou bondés, dénotent, face à ceux qui estiment que tout le monde devrait aimer se retrouver pour faire la fête et être collés les uns aux autres. 

Ceci est un exemple mais même si l’on n’est pas hypersensible, parfois, on peut avoir l’impression que notre entourage ne comprend pas nos difficultés, qu’elles soient ponctuelles et liées à des événements de vie (un deuil, une séparation, un licenciement, la maladie), ou plus permanentes (son caractère, son mode de relation…)

Mais ce peut aussi être en lien avec quelque chose que l’on ne perçoit pas comme une difficulté mais au contraire un choix de vie assumé (sexualité, non parentalité, travail nomade…).

Vous remarquerez d’ailleurs que quoi que vous fassiez, que vous le viviez bien ou pas, si vous ne rentrez pas dans les clous de ce qu’érige la société en modèles, vous serez pointés du doigt et on vous fera remarquer que ce n’est pas « normal ».

Ce phénomène n’a rien à voir avec vous. De manière générale, les gens sont rassurés d’être entourés de semblables, car ça les sécurise et leur évite de se sentir eux-même exclus.

Les manifestations du sentiment d’invisibilité

Cette impression de ne pas être vu.e peut se concrétiser de différentes manières:

  • Retrait social
  • Difficulté à prendre la parole
  • Sentiment de ne pas compter
  • Impression que ses besoins sont secondaires
  • Signes émotionnels: tristesse, colère rentrée, vide intérieur
  • Signes comportementaux: Addictions, marginalisation…
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Les origines psychologiques de l’invisibilité

Il existe plusieurs racines possibles, qui peuvent se combiner entre elles : 

Manque de reconnaissance parentale:

Dans certains cas, on peut ne pas avoir été reconnu.e dans sa propre famille par ses figures parentales ou sa fratrie. On peut avoir eu des parents négligents, ou très occupés par leur travail, ou qui avaient plusieurs enfants à gérer, des situations sociales difficiles…

Négligence émotionnelle:

Il est fréquent aussi que nos émotions n’aient pas été reconnues comme valables, ou que l’on se soit moqué de nous si on était un enfant très émotif par exemple.

Traumatismes relationnels:

On peut avoir vécu des traumatismes qui nous ont procuré un sentiment d’abandon, ou avoir subi de la violence physique ou psychologique, qui a fragilisé la confiance en soi.

Position dans la fratrie:

Elle peut parfois aussi jouer un rôle même si tous les cas de figure sont possibles. L’aîné d’une famille peut avoir été érigé en modèle et faire de l’ombre à ses frères et soeurs ou à l’inverse responsabilisé très tôt pour s’occuper des plus jeunes et se mettre alors en retrait… Le benjamin peut avoir été tellement choyé et infantilisé qu’il se sent à la traîne vis à vis de sa fratrie ou au contraire négligé car il arrivait trop tard après les autres…

Chaque cas est différent selon la famille et le contexte dans lequel on a grandi. 

Selon les événements de vie et sa propre personnalité, on peut avoir cette sensation d’être invisible aux yeux des siens alors que c’est dans l’enfance que démarre la construction psychologique.

Contextes sociaux discriminants:

On peut aussi avoir été invisibilité par sa couleur de peau, la classe sociale d’appartenance de sa famille, son orientation sexuelle, son genre et la signification que cela avait dans son environnement et à certaines périodes, ou le fait d’être un enfant illégitime aussi.

Lien avec l’estime de soi et l’attachement: 

Enfin, ce sentiment d’invisibilité a aussi un lien avec l’estime de soi que l’on se porte et à comment on a construit ses relations avec les autres sur la base de son attachement précoce. En effet, l’enfant construit son estime de soi dans les premiers temps de sa vie, en s’appuyant sur ses premières figures d’attachement (les figures parentales ou assimilées) et c’est là qu’il construit le socle de sa propre valeur et de son sentiment de reconnaissance.

Les conséquences sur la santé mentale:

Se sentir invisible peut avoir tout un tas de répercussions sur la personne qui en souffre. 

  • Isolement
  • Dépression
  • Anxiété sociale
  • Sentiment de vide existentiel
  • Difficultés relationnelles

Cela peut aussi devenir une prophétie auto-réalisatrice dans le sens où si l’on n’est persuadé.e que personne ne nous voit, alors on peut renoncer, et se faire encore plus petit.e, donc passer encore plus inaperçu.e, et c’est le serpent qui se mord la queue.

Comment sortir de l’invisibilité ?

Lorsque l’on éprouve ce sentiment, il peut être très bénéfique de se tourner vers des pistes thérapeutiques et pratiques.

En effet, entreprendre une psychothérapie avec un professionnel peut vous aider à travailler sur la reconnaissance de soi, l’affirmation de soi, l’expression authentique de vos besoins, la reconstruction de l’estime personnelle.

Cela peut s’envisager sur plusieurs axes:

. Un axe contextuel:

Avez-vous l’impression d’être invisible tout le temps ou est-ce spécifique à certaines situations?

. Un axe émotionnel:

Apprendre à reconnaître vos émotions, celles qui vous traversent lorsque vous vous sentez invisibilisé.e, les accepter et ne plus en avoir peur, mais les utiliser comme boussole de votre état intérieur.

. L’axe des besoins:

Identifier quels sont vos besoins et comment vous pouvez y répondre pour qu’ils soient satisfaits.

. L’affirmation de soi:

Oser prendre plus de place, vous positionner face aux autres et affirmer qui vous êtes sans pour autant avoir le sentiment de vous imposer.

. L’estime de soi:

Retrouver une bonne estime de vous-même et avoir confiance en vos capacités, vos jugements…

Conclusion:

Se sentir invisible n’est pas une fatalité et demander de l’aide est une force. Si vous avez envie de sortir de cet état inconfortable engendré par l’invisibilité et de vous sentir aidé.e, encouragé.e par un professionnel de santé mentale, je peux vous y aider. 

Je vous propose un accompagnement sur mesure pour soulager votre anxiété, apprendre à mieux gérer vos émotions et développer votre confiance en vous. Grâce à un suivi régulier et à des exercices pratiques, nous travaillerons ensemble pour vaincre ce sentiment d’illégitimité et vous aider à ne plus vous sentir invisible.

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